Sans verser dans la paranoïa, force est d’admettre que rien (qu'il s'agisse de reportages ou d'oeuvres d'art) ne nous est présenté tel quel : tout a déjà été monté d’une certaine façon.
Le cinéaste et théoricien du cinéma russe Lev Koulechov (1899-1970) a mis au point une expérience significative pour mettre en lumière la force persuasive du montage.
Il fit précéder le plan banal d’un acteur par trois images : un bol de soupe, un cadavre dans un cercueil et une femme allongée sur un canapé.
Il demanda ensuite à des spectateurs de décrire le sentiment exprimé par l’acteur à chaque fois, et il obtint trois réponses différentes – la faim, la tristesse et le désir – même si le visage de l’acteur ne changeait pas!
On comprend à quel point il est facile de modifier le sens d’une image en l’entourant d’autres images...


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